Archives mensuelles : septembre 2015

L’injonction du vivre ensemble…

Il y a des injonctions sympathiques… Il y a même des tyrannies douces, presque séduisantes… Elles n’en sont pas moins redoutables! Le « vivre ensemble » fait partie de ces injonctions, a priori sympathiques, qui nous sont adressées ici et là, tantôt par les politiques, tantôt par quelques éditorialistes de la presse écrite ou parlée, sans doute bien intentionnés mais qui utilisent pourtant une langue de bois dont nous devrions nous méfier.

Non seulement on nous enjoint de vivre ensemble mais, si possible de « bien vivre ensemble »… La formule utilisée emprunte d’ailleurs une forme verbale substantivée et l’on chante les vertus du « vivre ensemble » voire du « bien ou du mieux vivre ensemble »… C’est là d’ailleurs que l’on devrait se méfier… On nous a déjà fait le coup du « bien vieillir », du  « bien mourir » même, nous nous sommes laissés faire et avons adopté une ligne de conduite normalisant parfaitement nos comportements, tant sur le  le plan alimentaire, que sur celui de la « gestion » de notre « capital santé », que sur celui de nos loisirs, de l’exercice physique, etc. « Bien se comporter pour bien se porter[1] » y consacrer des sommes d’argent considérables et, ce faisant, ne rien coûter, évidemment…

Quelle anguille se cache donc sous cette roche du vivre ensemble? D’abord il se pourrait bien que, comme souvent en matière de langue de bois, on en parle surtout pour ne rien faire, comme si le fait d’en parler permettait d’occuper l’espace social par une sorte de vide verbal envahissant et dispensait d’agir…

Ensuite lorsqu’une formule est ainsi parfaitement consensuelle, elle a sans doute pour fonction d’éviter le débat, les questions trop délicates, trop difficiles: il y aurait donc des gens avec lesquels nous n’aurions pas l’intention de vivre, avec lesquels nous refuserions de vivre? Non j’exagère direz-vous, et si j’ajoute qu’il s’agit d’un refus au motif ou au prétexte du  handicap, de la maladie, de l’âge, de l’origine, de la religion, de la culture, que sais-je, alors je franchis les limites de ce qu’il convient de ne pas franchir publiquement… Le vivre ensemble, le bien vivre ensemble, sert exactement à cela: déclarer de bonnes intentions pour ne pas avoir à dire les moins bonnes qui nous animent parfois… Notre attitude collective actuelle vis à vis des réfugiés relève exactement de cette supercherie: déclarer le vivre ensemble et, dans le même temps, fermer les frontières pour ne pas risquer d’avoir à vivre le partage.

La tyrannie du bien vieillir n’a fait que conduire et contenir les vieux derrière les murs de l’EHPAD…

Il se pourrait bien que l’injonction du vivre ensemble ne fasse que renvoyer les migrants et réfugiés derrière des frontières visibles et invisibles mais remarquablement gardées et contrôlées…

A moins que la conscience politique que chacun de nous a tendance à laisser dormir se réveille et que chacun de nous se mobilise pour ne jamais renoncer à changer le monde…

Au moins un peu…

Michel Billé.

[1] (Michel Billé et Didier Martz:  » La tyrannie du bien vieillir » Ed. Le bord de l’eau 2010)

Vieillir n’est pas une maladie

Jusqu’à récemment cette proposition semblait relever d’une vérité d’évidence.

À elle seule, en effet, la vieillesse n’est pas une maladie. Bien sûr, les différents organes et les fonctions qui en dépendent subissent des baisses de capacité et de performance. Les coureurs à pied courront moins vite, les capacités intellectuelles font qu’éventuellement la capacité de mémoriser et la vitesse d’exécution des tâches diminueront.

Mais cela ne constitue pas une maladie.

Le vieillissement constitue certes un facteur de risque d’hypertension artérielle, de rhumatismes dégénératifs, de cancer, de diabète de type 2… Avec l’âge, les maladies s’accumulant chez un individu donné vont interagir entre elles. C’est ce qu’on appelle la polypathologie. L’âge n’en est pas la cause, seulement le facteur de risque.

Même s’il y a lieu d’éclaircir les liens complexes qui articulent « vieillesse » et « maladie », on assiste actuellement à une campagne qui soutient bel et bien que « la vieillesse est une maladie ». Ceux qui affirmaient auparavant que le grand âge se divisait en bonne santé contre maladie, ne sont pas les derniers aujourd’hui à défendre que la vieillesse en est une.

Des gériatres, notamment aux États-Unis, le soutiennent !

Si la vieillesse est une maladie, c’est que la vie, globalement, l’est aussi puisqu’elle se termine toujours par la maladie et la mort. Alors la vieillesse doit se soigner. Forts de cette hypothèse, ces gériatres ont ainsi sollicité une entrevue avec la FDA (Food & Drug Administration) afin d’obtenir pour un médicament anti-diabétique une extension d’indication, à savoir la « vieillesse »[1]. La conclusion c’est qu’il faut donner des médicaments à tous les humains puisque la vie s’achevant par la mort, ils sont tous malades d’être vivants.

Tout cela atteste d’un singulier dérèglement des esprits qui n’acceptent plus que la vie ait un début, différentes périodes correspondant aux étapes de son existence, que la vieillesse soit aussi un processus qui n’est pas que négatif et que la mort soit la clôture obligée de l’existence.

C’est la définition même de la vie.

Alain Jean

[1]  La FDA peut être sollicitée afin de statuer sur l’équivalent de ce qu’en France on appelle l’AMM (autorisation de mise sur le marché). soit pour la modifier, en rajouter ou en retrancher. En l’occurrence, l’enjeu de cette réunion était d’obtenir, à terme, une extension d’AMM pour la Metformine (médicament oral utilisé dans le diabète de type 2). Le libellé de ce nouvel AMM étant « vieillesse ». L’AMM définissant l’indication de tel médicament dans telle pathologie, la vieillesse devient, ipso facto, une maladie. Bouleversement considérable !

Bientraitance

Voilà quelques phrases extraites du manuel de la Haute Autorité de Santé concernant la « Bientraitance », génial concept dont, dans les milieux qui utilisent ces termes à longueur de journée, on se fait les gorges chaudes.

« La bientraitance est un concept dynamique et multidimensionnel. Son apparition dans le système de santé n’est pas neutre. Elle vise à soutenir deux évolutions majeures : l’irruption du malade acteur de sa santé et le changement de paradigme de la relation soignant-soigné. » 

« La promotion de la bientraitance a depuis été intégrée dans le manuel de la certification V2010[1].»

Mais que recouvre exactement ce charabia indigeste ?

Certes, il est inadmissible, comme on l’entend souvent, dans les endroits où sont concentrés les vieillards, que soient proférés des propos tels que : « Papy », « Mamy », « Mamy, faut finir son plateau », « Papy, il a encore fait dans sa couche »… Sans compter les exemples nombreux de violence physique.

Il existe un verbe pour désigner ce genre de propos et de pratique : c’est maltraiter. Mais pourquoi les vieillards que l’on concentre dans ces endroits « dédiés », comme on dit, sont ils maltraités ? C’est bien la question centrale et qui, seule, mérite qu’il y ait quelque chose à en penser.

Or comme cette question renvoie aux soubassements sociaux mêmes et que l’aborder de front et au fond est en vérité impossible car remettant en cause trop de choses essentielles, comme toujours, on a décidé de surseoir.

On a donc inventé le mot maltraitance, substantif très laid provenant du verbe maltraiter, et son pendant symétrique : le mot « bientraitance ». Non moins laid que le précédent et bel et bien symétrique de maltraitance en dépit des allégations de ses promoteurs.

En vérité, quelles est la fonction du mot « bientraitance » ? Son rôle est de circonscrire le problème uniquement à des comportements répréhensibles de la part de certains soignants à l’égard des vieillards qu’on leur a confié. Il suffirait de procéder de manière inverse et le problème serait réglé. Or, ce n’est pas en instaurant de manière technocratique une injonction symétrique qu’on réglera les choses.

Si on examine de près le mot « bientraitance », par lui-même il indique un rapport inégalitaire aux vieilles personnes. Ce ne sont pas nos égaux puisque nous condescendons à les bientraiter, à l’image de la façon dont nous traitons (éventuellement) nos animaux familiers.

Les vieillards, des gens à part…

Ce préambule nous permet de répondre à la question précédente :  « Pourquoi des vieillards sont-ils maltraités ? »

Parce que la société les considère comme des gens à part : improductifs, ayant perdu tout rôle social et qui de plus nous rappellent –ô comble de l’insoutenable- que la vie a une fin et que sa clôture en est la mort.

Des gens à part, donc des lieux à part (les EHPAD) et un détachement que la société a envoyé pour s’occuper des vieux : les soignants en gériatrie. Mais ces soignants ne font, vis à vis des vieillards, que reproduire le sentiment global de la société à leur égard : ils nous insupportent. Ils sont laids, pauvres, à travers eux on voit se profiler la mort. Toutes choses qu’on ne peut regarder et qui s’opposent aux clichés superficiels largement répandus sur nos écrans TV et sur les murs de nos villes.

Et si au lieu d’appliquer aux vieux la « bientraitance », tout simplement on les traitait comme des égaux, ça changerait sérieusement la donne.

Alain Jean

[1]  il s’agit pour la Haute Autorité de Santé (HAS) de vérifier que les établissements sanitaires et médico-sociaux observent ou tendent à observer les référentiels qu’elle a édictés et qui sont censés définir la norme, en matière de gestion et de pratiques soignantes, vers laquelle doit tendre l’établissement en question.

Un simple jeu de cartes

Elle chute de plus en plus souvent, même avec son déambulateur. Ça l’inquiète à peine, mais pas son entourage : sa fille qui n’est pas à côté, les professionnels du maintien à domicile qui ont toujours un temps de retard. Quant à son mari, de plus en plus anxieux, il se sent dépassé, épuisé. Le langage gérontologique a proposé ce terme de « fardeau de l’aidant ».

Ils ont tous les deux 80 ans passés, habitent en grande banlieue parisienne dans un pavillon.

Elle a déjà été hospitalisée, en garde de mauvais souvenirs. Mais cette fois-ci, la chute est spectaculaire, en présence de la fille. Frayeurs ! Il faut faire quelque chose, il est décidé avec le généraliste de trouver une place dans un établissement qui s’occupe de rééducation et permette au mari de souffler, de faire le point.

Il s’agira d’un SSR[1]dans le département voisin, entrée prévue 15 jours plus tard.

Ce billet n’est pas une chronique d’un séjour en centre de rééducation accueillant exclusivement des personnes âgées ; notons juste que dans cet établissement appartenant à une compagnie d’assurance réputée, le parc est magnifique, le salon du même acabit. Le site internet donne envie…

Les journées sont longues, le temps occupé par la rééducation finalement peu conséquent. Ce couple, comme nombre de personnes de cette génération aime les jeux de cartes, plus particulièrement jouer à la belote. Quand on joue, le temps passe vite et bien, la mémoire est vive et le plaisir de gagner, n’en parlons pas !

Ils trouvent d’autres beloteurs, mais pas de jeu de cartes, questionnent le  personnel, non il n’y en a pas.[2]

Alors commence le bal des demandes, aux soignants, à la psychologue qui promet d’en parler, à l’infirmière, au cadre enfin. Non pas de jeu de cartes de 32 ou 54 cartes. Mais par contre, un jeu d’échec, oui, un scrabble, oui. Ici, c’est comme ça. Les écrans de télé sont grands dans les chambres, mais si on n’aime pas la télé ? Ici, c’est comme ça.

La fille emmènera un jeu, mais les autres beloteurs sont partis.

Ce vieux couple s’est emballé sur cette question, sur ces journées si longues, les rendez-vous de kiné en retard… Les relations se durcissent avec une autre infirmière.

Un matin, la directrice avec la fille au téléphone reconnait la tension inadéquate, elle va en parler aux soignants. Trois heures après, ils apprennent de l’assistante sociale, puisque « ça va mieux », que le médecin coordinateur a  programmé leur sortie  anticipée,  dans deux jours. En ambulance.

Elle se déplace pourtant difficilement en déambulateur, plutôt en fauteuil roulant : Incompréhension, colère, rage. Que faire d’autre que subir? Le médecin dont la parole est d’or (« elle va mieux ») ne sera pas joignable.

Il est difficile de conclure cette brève chronique amère autrement que par un peu d’impertinence.

Le salon est une vitrine, en effet magnifique, et l’ambiance feutrée. Y imagine-t-on une partie de cartes à la Pagnol, avec ses éclats, ses coups de rigolade ? Il apparait plutôt comme un espace contrôlé, et l’idée que ce contrôle soit le fruit d’une volonté individuelle abusive d’un « chef » ou bien d’un projet délibéré institutionnel[3] m’est venue immédiatement en écoutant cette histoire ; une idée nourrie, hélas, des petits arbitraires de la vie quotidienne observés dans de tels établissements.

Et le prix d’un jeu de cartes ? 1, 25 €.

José Polard

 

[1] Soins de Suite et de Rééducation.

[2] Les professionnels travaillant dans des établissements pour personnes âgées seront très surpris de cette absence de jeu de cartes ! C’est quasiment un élément du décor.

[3] La logique financière n’est jamais bien  loin.

Vivre sans vieillir ou vieillir sans vivre ?

De façon quasi quotidienne, nous voyons articles et publications nous proposer, pour demain, une vie qui, appuyée sur des découvertes scientifiques, sur des pratiques médicales et des révolutions technologiques nous permettrait de repousser la mort encore et encore. Le magazine « Sciences et avenir[1] », par exemple, vient de nous proposer très simplement de « Vivre sans vieillir » de « Défier la mort » et précise : « Les barons de la high-tech financent à coups de millions de dollars une recherche privée pour allonger la durée de vie et décupler les capacités de l’homme. La bataille de la longévité est bien lancée ».

Faut-il pour autant se réjouir de voir les « géants de la technologie en quête d’immortalité ? » On comprend bien que la technologie de pointe puisse être requise pour améliorer des performances physiques, pour résoudre des difficultés liées à la survenue d’un handicap, etc. Mais c’est de tout autre chose qu’il s’agit… Il s’agit d’une vision de l’homme modifié, transhumain pour lequel la vieillesse est devenue une maladie à combattre puisque, comme le SIDA[2], si elle ne tue pas directement elle fait le lit des affections qui, elles,  vont tuer.

On le sent, il y a, derrière ces portes entrouvertes sur le futur, outre la recherche d’un profit financier sans limites, un refus fondamental de la mortalité de l’homme. Ce qui nous faisait homme c’était notre mort certaine, imminente, toujours possible, redoutée, espérée… Ce qui nous ferait homme, ce serait notre capacité à dépasser toutes ces contingences et à vivre, vivre, encore et encore, transformé, « prothèsé », « orthèsé », prolongé…

A vivre sans vieillir ne risque-t-on pas tout simplement de durer c’est à dire de vieillir sans vivre ? Et puis où a-t-on vu que c’était mal de vieillir ?

Michel Billé.

[1] « Sciences et avenir » n° 823 septembre 2015.

[2] http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2015/06/23/vieillir-est-il-une-maladie/

Alois, oublie moi!

Il ne se passe pas une semaine sans que surgisse sur ma messagerie une offre alléchante m’enjoignant d’investir dans un projet immobilier d’EHPAD[1] pour un rapport annuel « à deux chiffres » me promet-on parfois ! Tout au moins de 6% m’assure-t-on. Au-delà de l’effet d’attraction – surévalué à dessein − voulu par les marchands d’argent, que peuvent bien signifier ces offres mirobolantes ? Car, nous le savons tous, les maisons de retraite sont trop chères ; leur coût mensuel est, en moyenne, bien supérieur au revenu moyen des retraités… Ce qui constitue en soi une quadrature du cercle qui ne semble pas affoler les décideurs. Alors, comment expliquer cette rente « magique » pour les investisseurs alors que les vieux peinent à payer leurs hébergements ? Quelle poche est alimentée par la poche percée des personnes âgées dépendantes qui n’en finissent pas d’y mettre leur misérable retraite, la vente de la voiture – devenue trop dangereuse –, la vente de la maison que l’on ne peut de toute façon plus habiter – devenue trop dangereuse elle aussi –, les derniers reliquats du dernier compte en banque ?

Chez nos voisins allemands – mais ailleurs également –, on évoque ces familles qui « exportent » leurs vieux – comme on délocalise une entreprise trop peu rentable – vers la Tchéquie, la Slovaquie ou même la Thaïlande, là où les structures d’hébergement sont moins chères… De ce fils à qui on demandait s’il n’était pas chagriné d’envoyer son père dans une maison tchèque où personne ne parlait sa langue, la réponse tomba, toute naturelle : « mais ça n’a pas d’importance puisqu’il est Alzheimer ! » Tout cela manque cruellement de cette humanité dont nous nous gargarisons à chaque coin de rue fréquentée par Charlie.

A côté de « l’export », il y a peut-être encore une autre manière de chercher à diminuer les coûts et multiplier les dividendes : la robotisation. Sous couvert d’être In, d’être à la pointe, et dans la même veine que ces maisons « intelligentes » (sic !) qui nous filmeront et nous écouteront jusque dans les toilettes – un véritable Water-gate ! –, mais pour notre bien, pour prévenir en cas de chute, il y a maintenant Aloïs. Aloïs[2] est un robot digne de La guerre des étoiles, « au service » du personnel et des résidents nous dit-on. Non pas qu’il faille penser que les personnes âgées soient incapables de s’acclimater aux nouvelles technologies, nombre de seniors, seuls ou en associations, n’ont pas attendu pour s’organiser et appréhender les possibilités des ordinateurs, tablettes, iPad et autres véhicule internet. Non, il ne s’agit pas ici de refuser le monde de demain déjà là aujourd’hui, celui des flux d’informations, celui aussi de la robotique et autre domotique. Il s’agit plutôt de s’interroger sur la fonction profonde, avouée ou non, de notre robot Aloïs. Si Aloïs est là comme un outil de plus, quoiqu’un peu différent, permettant aux quelques personnes en capacité de taper sur son écran tactile de connaître la météo du lendemain ou de suivre l’information du  jour, pourquoi pas ! Mais méfions-nous qu’Aloïs ne soit pas là pour remplacer tout à la fois l’aide-soignant(e) et l’infirmier(e) trop onéreux… Méfions-nous qu’Aloïs ne soit pas là pour faire de l’humain à la place de… Car « Aloïs apparaît comme un réel compagnon pour les résidents, tant pour rompre la solitude ou l’ennui que pour assurer une surveillance »[3] nous dit une soignante… Aloïs, pour mimer ces personnes qui coûtent trop cher, et qui font que le résident peine à payer et que l’investisseur peine à gagner.

Désormais, je peux bientôt espérer recevoir sur ma messagerie une offre d’investissement en EHPAD encore bien plus avantageuse que celles qui m’inondent déjà depuis quelques années.

S’il en était ainsi, adorateurs d’Aloïs Alzheimer, oubliez-moi ! Et de grâce, coupez cette caméra, coupez ces micros et, « laissez-moi tomber ! » Que vienne plutôt à mon chevet un homme ou bien une femme, pour que nous soyons, ensemble, en humanité. Et, qu’on m’aide – si je ne peux le faire seul − à me connecter sur skype afin que je puisse parler et voir mon fils ou ma petite-fille, qui habite à Sydney, à Manille ou ailleurs… Les outils ne sont ni bons, ni mauvais, mais entre les mains des hommes.

Alors, ouvrons l’œil !

 

Christian Gallopin, juillet 2015

[1] Etablissement d’Hébergement pour Personne Agée Dépendante

[2] Projet mené en partenariat avec le Living Lab  ActivAgeing (LL2A) de L’Université de Technologie de Troyes (Aube)

[3] Cosmopital, L’info du Centre hospitalier de Troyes, N°12, 3eme trimestre 2015, p. 7.