Archives mensuelles : juin 2018

MAI 18 en EHPAD où résonne quelques slogans de Mai 68

 

 

– Vieux, vieilles, « soyez réalistes, demandez l’impossible » : vieillir en restant jeune.

« L’imagination au pouvoir »

– « On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance » ni d’espérance de vie »

« Celui qui peut attribuer un chiffre à une (é)motion est un con »

« Espérance : ne désespérez pas, faites infuser davantage. »

– « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi » ! … en déambulateur ou en fauteuil ?

– « Tout est politique »… ta santé, ta sécurité, tes soins, ta vie, ta mort

– « Faites l’amour pas la guerre ! » Ni l’un, ni l’autre

  • «Les jeunes font l’amour, les vieux font des gestes obscènes. »
  • « Jouissez sans entraves, vivez sans temps morts, baisez sans carotte» mais avec Viagra
  • « Les réserves imposées au plaisir excitent le plaisir de vivre sans réserve. »

 

– « Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner. » … et j’ai perdu ma vie à vouloir la gagner
« Le pouvoir sur ta vie tu le tiens de toi-même »

  • « En tout cas pas de remords ! » … que des regrets et un projet de vie

– En EHPAD : « Mur blanc = Peuple muet »

– « Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs. » … Qu’est-ce que tu dis ?

– « Sous les pavés, la plage ! » ….Sur la tombe, le sable ; dans l’urne, la cendre

– « Vivre sans temps mort (sic) et jouir sans entrave (et re-sic). »

– « Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette »… pas besoin je porte des couches

– Vieux « enragez-vous !»

– « Je décrète l’état de bonheur permanent » … dans les « maisons de retrait »

  • « Nous refusons d’être H.L.M.isés, diplômés, recencés, endoctrinés, sarcellisés, sermonés, matraqués, télémanipulés, gazés, fichés.» …. EHPADisés

« Il est interdit d’interdire »… chiche !

  • « Ouvrons les portes des asiles, des prisons et autres facultés»… et des Unités Protégées.
  • – « Si vous continuez à faire chier le monde, le monde va répliquer énergiquement » …. déjà que je m’emmerde !
  • « Ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres » … c’est fait
  • – « Le respect se perd, n’allez pas le rechercher »
  • « L’ennui est contre-révolutionnaire. »
  • – « Et cependant, tout le monde veut respirer et personne ne peut respirer et beaucoup disent « nous respirerons plus tard ». Et la plupart ne meurent pas car ils sont déjà morts. »
  • – « Consommez plus, vous vivrez moins »
  • « Vous finirez tous par crever du confort » alors soyez réalistes ne demandez pas plus de moyens.
  • « Nous sommes tous des « indésirables »
  • « La vie est ailleurs »
  • « Pourvu qu’ils nous laissent le temps… »
  • « L’émancipation de l’homme sera totale ou ne sera pas »
  • « C’est pas fini ! »
  • « Bien creusé vieille taupe »

« Libérez le cannabis »

 

Didier Martz

 

 

Stop à la ghettoïsation des vieux en France: ce qui n’est pas dit

 

Un article du Point, en date du 17/5/2018 « Stop à la ghettoïsation des vieux en France » s’inspire du 128e avis du Comité d’éthique pour dénoncer la façon dont sont prises en charge les personnes âgées dépendantes et traités les aidants, professionnels ou familiaux.

« Le grand âge s’accompagne souvent de mise à l’écart, de prise en charge inadaptée, d’une souffrance des personnes concernées et de leurs accompagnants. Le problème est à la fois social, médical, économique, éthique et politique », a déclaré le professeur Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), en présentant à la presse les conclusions de l’avis 128 intitulé « Enjeux éthiques du vieillissement : des pistes pour l’action ».

Pour le professeur Régis Aubry (médecin spécialiste des soins palliatifs et l’un des rapporteurs de ce travail), « les trois quarts d’entre elles n’ont pas choisi d’aller en institution, elles regrettent de vivre entre vieux, et 40 % sont dépressives. » Et elles paient souvent cher un mode de vie qui leur déplaît.

Le CCNE appelle les politiques à favoriser et à diversifier les alternatives à l’Ehpad, voire à penser l’Ehpad hors de l’Ehpad : cela pourrait se traduire par l’intégration de ces établissements dans les constructions nouvelles à usage d’habitation, comme cela se fait déjà pour les logements sociaux, l’encouragement au développement de l’habitat intergénérationnel ou encore d’habitations autogérées par les personnes âgées elles-mêmes, comme dans d’autres pays. La philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury ajoute la possibilité de créer des ateliers d’artistes. Seconde rapporteuse de cet avis, elle estime que « l’autonomie est la capacité de décider » et que « la surmédicalisation renforce la dépendance ».

Finalement, c’est tout le système de santé français qui mériterait d’être repensé aujourd’hui, estime le CCNE. Il prône une réforme profonde de la formation des acteurs du soin, en leur assurant en particulier une meilleure valorisation de leur activité. Le personnel soignant devrait pouvoir mieux prendre en considération la singularité et la vulnérabilité de chaque patient, et donc adapter les traitements

Pour ma part, en 1997, lors de mon entrée en situation de retraite je me suis demandé pourquoi et comment j’allais vivre les quarante années que je pouvais encore espérer avant d’être, peut-être, vieux !

 

Ce qui n’apparaît pas…

Ce qui est terrible dans cet article du « Point » dont j’ai extrait quelques passages est ce qui n’apparaît pas.

Comment chaque sujet avançant en âge se responsabilise(ra) et se projette(ra) dans ce nouveau temps de vie dû à la longue durée vitale. Il nous semble qu’il serait nécessaire, indispensable que chacun.e puisse prendre un temps pour réfléchir à pourquoi et comment il.elle veut vivre le dernier tiers de sa vie 30 ans / 90 ans et peut-être 35 ans / 105 ans et plus.

Nous aurions aimé lire : finalement et simplement, il revient dès maintenant à chacun de prendre un temps d’apprentissage pour élaborer un projet de retraite et de long vieillissement dans une société mondialisée où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés, un projet qui renforce les responsabilités de citoyens.es, les droits d’expression et de choix de modes, de conditions, d’environnement de vie, pour conserver bonne santé et autonomie.

Faute d’histoire en référence, nous ne savons faire des propositions qu’au travers du prisme de la dépendance et de son financement.
Encore en pleine forme, la génération du baby-boom n’a pas anticipé à quel point la croissance sans précédent du nombre de personnes âgées allait modifier en profondeur notre manière de vivre ensemble entre et avec quatre, cinq générations, avec la migration des populations pour causes politiques, économiques, sociales, culturelles, religieuses, écologiques, énergétiques…

Enfin j’aurais aimé lire : préparons ce temps de long vieillissement possible comme une nouvelle étape, dans un nouveau projet, une nouvelle carrière, le travail choisi, appris, compris et entrepris avec plaisir dans un développement personnel et collectif étant le meilleur « outil universel » pour retarder le vieillissement, pour poser un autre regard pour une autre relation d’envie de vivre dans les échanges de savoirs, d’expériences et de devenir.

 

Pierre Caro, retraité professionnel