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Marna Clarke est photographe

o-MARNA-900Marna Clarke est photographe, elle prend des clichés d’elle-même, de son conjoint Igor, partout.

« J’ai commencé ce projet à 70 ans, il y a quatre ans, lorsque j’ai constaté mon âge, explique-t-elle aux journalistes du HuffPost Québec(1). Je voulais voir à quoi ressemble une ‘vieille personne’, donc j’ai pris des photos de mon corps nu: pieds, mains, torse, bras, jambes, visage, cheveux. Je voulais tenir les photos dans mes mains et pas simplement dans le miroir. »

Il s’agissait à l’origine d’une chronique de son propre vieillissement. le projet évoluera vers une acceptation de sa vie, une recherche de la grâce, y compris dans la vieillesse.

« J’ai rassemblé assez de courage pour montrer ce travail à un groupe de personnes très sélect qui allait pouvoir l’apprécier. On m’a encouragée, avec confusion et perplexité parfois. Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à regarder des corps nus, et encore moins vieux. Je sortais hors de leur zone de confort et des tabous culturels, notamment la vieillesse, la nudité et la mort. »

Marna Clarke a 75 ans.

Son site: Le corps nu et le temps

José Polard

(1) http://www.huffingtonpost.fr/2014/12/09/marna-clarke-photos-vieillesse-art_n_6290028.html

De Courcy au couloir bleu

 

Jour après jour, elle y a laissé son empreinte.

Dans cette maison de Courcy, une part précieuse de mes jeunes années a coulé. Comme dans toutes les habitations que des vieilles personnes quittent après y avoir longtemps vécu, son décor a fini par se figer jusque dans ses moindres détails.

De toutes les traces de ce passé, il ne restera bientôt plus rien. Maintenant que la maison se meurt, j’ai voulu revenir la hanter, à la recherche de mes souvenirs perdus, retrouvant parfois mon regard d’enfant. Entre ces murs, j’ai voulu errer à la rencontre d’une absence, et remonter la piste que les petits signes de vie me traçaient pour essayer de décrypter l’énigme de ce temps désormais enfui. J’ai voulu aussi être à l’écoute de ce mystère du grand âge qui cristallise progressivement des êtres devenus fragiles dans une vie où le passé vient grignoter progressivement le présent. J’ai tenté de laisser remonter la tendresse, l’émotion qui me saisissait, au fil de mes impressions, pour les sauver de la destruction. Pour garder une trace, et la transmettre, la partager.

A 98 ans, ma grand-mère vit aujourd’hui dans une chambre d’un établissement médicalisé, au fond d’un couloir bleu.

Je lui dédie cette exposition et les images de sa maison.

Philippe Hirsch

Voir ci après l’expo en ligne:

De Courcy au couloir bleu. Photographies de Philippe Hirsch