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Le défi d’une culture de la responsabilité chez les retraités et personnes âgées

Dans le conte philosophique de Voltaire, publié en 1748, “Le Monde comme il va”, reflet de la société de Voltaire à son époque, nous trouvons une analyse fine et extrêmement perspicace, qu’on dirait presque de notre propre époque.

Dans ce conte, les génies qui président l’empire du monde se trouvent en colère contre les excès des Perses.

L’ange Ituriel, un de ces génies, confie une mission au Scythe Babouc : se rendre à Persépolis et observer ses habitants accusés de tous les maux, afin de lui rendre un compte rendu fidèle qui déterminera, s’il faut châtier ou exterminer la ville.

Arrivé à Persépolis, Babouc observe le comportement des habitants de la ville, et y découvre un monde où règne la violence, l’injustice, le vice, le crime.

Babouc déchiré tantôt par la violence de cette ville, tantôt par quelques manifestations de vertu chez ses habitants, s’étonne : “Inexplicables humains, comment pouvez-vous réunir tant de bassesse et de grandeur, tant de vertus et de crimes?” Ce monde devrait-il être détruit ?1

 Edgar Morin déclare en 2013 «Tout indique que nous courons à l’abîme et qu’il faut, si possible et s’il en est encore temps, changer de voie.» (E.Morin, 2013).

 «Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils en voient la nécessité que dans la crise» Jean Monnet2

 L’âge de la retraite est aussi celui de deux tiers de vie accomplie, et la vie c’est le changement.

Il est donc toujours temps de changer de voie, il suffit, c’est là le triste constat, que nous le voulions, que nous en ayons le courage, ensemble, pour développer nos capacités et moyens de demeurer des citoyens, acteurs, d’une société mondiale entre trois, quatre, voire cinq générations, sans être esclaves d’un avenir gouverné par l’intelligence artificielle.

Nous connaissons « bassesses et grandeurs, vertus et crimes » bien au-delà de nos territoires de vie puisque nous sommes informés, depuis ces dernières décennies, dans les secondes, souvent visuellement, de l’événement produit à l’extrémité du monde.

Retraités, donc aînés, nous sommes en partie, responsables de la situation actuelle du monde.

Forts de nos expériences, face à l’obligation ou la nécessité morale de répondre et d’assumer nos responsabilités, de nous porter garants de nos actions ou de celles des autres, nous devons participer de façon active à une autre voie pour une société mondiale de paix et de bonheur en étant connus et reconnus dans nos aptitudes et nos compétences.

Celles-ci commencent par l’éducation, la formation, se développent par les apprentissages tout au long de la vie.

Il nous appartient d’apporter la preuve de leurs réalités, aux autres d’en reconnaître le bien fondé.

Ce troisième tiers de vie est une nouvelle chance de construire ce que bien souvent les contraintes de la carrières ne nous ont pas permis.

Osons un défi, celui d’une « nouvelle carrière », demeurons professionnels dans une profession choisie, apprise, comprise afin d’en exercer les compétences avec bonheur dans un développement personnel et collectif.

Devenir « retraité professionnel » c’est marquer sa volonté de vivre un long temps de retraite et de vieillissement, en bonne santé – nous savons que le travail, exercé avec plaisir, est le meilleur vaccin contre un vieillissement trop rapide – de façon bénévole ou lucrative pour des raisons personnelles, en s’engageant, par exemple, pour recentrer la science sur le vrai, l’art sur le beau, et la culture sur le bien.

Si le programme vous plaît, rejoignez nous !

Pierre Caro

retraité professionnel

1Extrait de l’Alliance pour les sociétés responsables et durables, les cahiers de propositions Yolanda Ziaka

2Jean Monnet 1888-1979 promoteur de l’atlantisme et du libre échange, il est considéré comme l’un des pères de l’Europe.