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L’hôpital : le service public préféré des français !

 

 

Alors que l’hôpital public traverse une période particulièrement agitée de son histoire, la Fédération Hospitalière de France, qui représente les hôpitaux publics et les structures médico-sociales publiques a souhaité refaire le point, 2 ans après sa première enquête, sur la perception par les français de leurs hôpitaux publics. La réalisation de ce sondage a été confiée à TNS Sofres et confirme la très bonne image globale de l’hôpital public déjà enregistrée en 2004 par ce même institut. En voici les grandes lignes tirées du site de la Fédération Hospitalière de France* :

Une perception positive de l’hôpital public

L’hôpital est le service public qui donne « le plus de satisfaction » pour 43% des français devant EDF, les mairies et l’assurance maladie. 82% des français continuent d’avoir une bonne opinion des hôpitaux, un taux remarquablement stable depuis 2004.

La qualité des soins jugée point fort de l’hôpital !

L’appréciation positive de la qualité des soins (83%) reste le principal point fort de l’hôpital public aux yeux des français. Sont particulièrement appréciés des français :

–    Les services maternités : 72%

–    L’accueil du patient : 71%

–    La prise en charge de la douleur : 68%

–    La prise en charge des plus démunis : 67%

–    La prise en charge des personnes âgées : 62% (+ 9 points par rapport à 2004 qui correspondent à un retour à la normal après les événements de la canicule jugés sévèrement par les français).

Nette amélioration sur le front des infections nosocomiales

L’hôpital a marqué des points dans la lutte contre les infections nosocomiales ces 2 dernières années. 42% des français constatent une amélioration soit 18 points de plus que lors de l’enquête de 2004.

L’accès aux soins pour tous une valeur chère aux français

Le fait que l’hôpital soit accessible à tous quelque soit son niveau de revenu, est placé par 48% des français à la tête des valeurs qui caractérisent le mieux le système hospitalier français.

Refus massif de la privatisation de l’hôpital et un manque de moyens largement déploré

Si 77% des français refusent la privatisation des hôpitaux, ils sont 85% à juger insuffisants les moyens humains et financiers dont disposent actuellement les hôpitaux publics.

Les français partagés sur l’organisation du système hospitalier

Enfin, le débat relatif au modèle d’organisation du système hospitalier français, tendu entre les deux exigences de qualité des soins et de proximité, n’est pas véritablement tranché : 49% des français préfèreront de grands hôpitaux équipés de manière optimale, quitte à ce qu’ils soient plus éloignés du domicile, et 45% opteront pour la proximité. Néanmoins, lorsqu’il s’agit du choix d’une maternité,  la sécurité prime devant la proximité et le confort.

Commentaire

Avec moins de moyens, moins de personnel, les agents de l’Etat et du service public parviennent à améliorer leur performance. C’est de l’efficience : parvenir à de bons résultats en mobilisant moins de moyens. C’est ce qu’on appelle aussi la productivité du travail. On l’augmente par la motivation des employés, de la communication, un bon cadre de travail, une bonne ambiance . Sans doute est-ce aussi le fruit des efforts de rationalisation de la machine qui organisent, réorganisent, protocolisent, suppriment les doublons, etc.  Certes on est moins nombreux, on est peu payé mais le plus important reste quand même le développement personnel et la réalisation de soi dans le travail ! Encore un effort il reste une marge de progrès, 17 % pour que tout le monde soit satisfait : qualité totale, zéro défaut et … zéro mort.

On peut y voir aussi le résultat de cette disposition particulière qu’ont les personnels, toute catégories confondues, à vouloir absolument « sauver le monde » quelques que soient les conditions dans lesquelles ils travaillent. Cette disposition qu’Orwell appelait la common decency, la décence commune, relativement forte chez les gens que Pierre Sansot appelait par respect « gens de peu ». Jamais cités dans le sondage, ils s’emploient pourtant au jour le jour à faire en sorte que le monde ait un peu d’allure et se tienne debout. Bienheureux le système capitaliste et libéral de pouvoir exploiter cette fibre. Fort heureusement, les dépositaires de ces vertus élémentaires que sont la bienveillance, la générosité et d’autres encore peuvent freiner ce processus délétère.

 

Didier Martz

 

* Sur le site de la FHF (Fédération Hospitalière de france)

De qui se moque -t-on?

Illustration with word cloud about Bla bla bla.Evénement indésirable (suite)

 

Si le fait que la température descende en dessous de zéro (de quelques degrés seulement, il faut bien le noter)  sur la plus grande partie du pays constitue un événement indésirable qui donne lieu à tout ce battage médiatique angoissant, alors le diagnostic est extrêmement facile à poser : nous sommes complétement tombés sur la tête.

En effet, il est banal de constater en Janvier qu’en France la température descende un peu en dessous de zéro. Ce serait la survenue d’une canicule en plein mois de Janvier qui serait étonnante. Mais pour bien enfoncer le clou, on vous déclare de façon réitérée que ce qu’affiche le thermomètre c’est une chose, mais que la température « ressentie » souvent inférieure de 10 degrés aux chiffres affichés est la seule qui compte. Qu’est-ce qu’ils en savent ces prétentieux experts climato-météorologiques ?

Pour tout dire, ce discours appuyé me semble extrêmement suspect, ou bien comme on pouvait le lire à proximité des passages à niveau, jadis : « Un train peut en cacher un autre ». Ou dit encore autrement : « De qui se moque-t-on ? ». D’autant que le discours catastrophiste sur la météo qui serait d’une exceptionnelle gravité (j’ai du mal à comprendre en quoi) est généralement couplé à un discours culpabilisant à destination de tout un chacun, de vous donc, par voie de conséquence …

Sur un air déjà entendu de: » Prenez attention à ce malheureux SDF sur le trottoir en face de chez  vous ou de la vieille dame qui habite dans une chambre de bonne au-dessus et qu’on va retrouver asphyxiée au monoxyde de carbone à  cause de son poêle à  charbon défaillant », sous-entendu : »Ce serait vous le  responsable ».

Certes lorsqu’un tel drame survient personne ne peut se dédouaner de sa responsabilité. Mais, en l’occurrence, dans le cas présent, ce bourrage de crâne et cette propagande – car il faut appeler les choses par leur nom- n’ont qu’un objectif. Il s’agit de dédouaner la responsabilité  de l’Etat et des Pouvoirs publics de toute responsabilité dans ce qui peut bien arriver aux gens. L’Etat et les Pouvoirs publics ne sont plus comptables de rien de tout. La santé, la vie et la mort des gens, ce n’est désormais plus leur problème : c’est la faute de vous, de tout un chacun qui n’êtes pas assez vigilant, c’est la faute de la météo qui est tout à fait habituelle mais qu’on exagère démesurément pour s’abstraire de toute critique accusatrice justifiée.

Est-ce votre faute, est ce la faute de la météo si les gens attendent aux urgences de l’hôpital des heures et des heures (parfois dix, parfois douze) mal installés sur un brancard dans un couloir ?

Mais, dans l’esprit de ceux qui nous gouvernent, ce n’est pas très grave : il ne s’agit que de pauvres, de vieux, de SDF, de réfugiés, de « sans dents » comme l’a dit élégamment le président. Les riches, les nantis, les privilégiés ils ont les moyens de se faire soigner correctement, les autres on s’en fout.

Ceux qui nous gouvernent feraient quand même bien de se méfier. Toute cette situation révoltante commence à susciter colère et indignation. Ainsi cet urgentiste d’un hôpital du Nord Est de Paris qui fait le constat amer et sans appel que l’hôpital public en France n’est même plus capable de faire face à une épidémie de grippe. Ainsi cette jeune interne en médecine qui fait circuler une vidéo sur les réseaux sociaux où elle dénonce l’inhumanité de la pris en charge des malades en dépit du dévouement et du bon vouloir des soignants et médecins qui font ce qu’ils peuvent mais de plan social en coupe budgétaire, nous en sommes là. Et elle raconte comment elle a contacté, en vain, onze hôpitaux pour « trouver un lit » au malade qu’on lui a confié.

Discours officiel à double détente : premier volet : « ce n’est pas de notre faute », on l’a vu. Deuxième volet, ce discours ronflant et creux, discours officiel des officines sanitaires étatiques : avec son catéchisme sur la bientraitance, la sécurité… Mais est ce qu’on traite bien les gens, est ce qu’ils sont en sécurité ?

Il ne faut pas se payer de mots. Et bien plutôt que la froideur du climat, il faudrait évoquer en paraphrasant Karl Marx « les eaux froides du calcul égoïste » et des rapports humains dans ce monde qui ne considère que l’argent.

 

Alain Jean